Du réel au virtuel. Penser le corps et la communauté numériques dans De synthèse de Karoline Georges (2017)

Marion Gingras-Gagné

Bio: Marion Gingras-Gagné poursuit des études doctorales en littérature et études féministes à l’UQAM sous la direction de Lori Saint-Martin. Dans sa thèse, elle s’intéresse aux communautés de femmes et au rapport au corps dans des œuvres de science-fiction. Elle a publié plusieurs articles dans Pop-en-stock, Postures et FéminÉtudes, et a dernièrement codirigé un numéro de la revue Zizanie portant sur L’animal et l’humain. Elle est auxiliaire d’enseignement à l’UQAM et critique littéraire. Ses recherches sont financées par le FRQSC.

Du réel au virtuel. Penser le corps et la communauté numériques dans De synthèse de Karoline Georges (2017)

La littérature, tout comme la réalité virtuelle, a cette particularité d’offrir un espace de création libéré des contraintes du réel. Malgré cela, la littérature donne souvent à lire et à réfléchir notre rapport au monde réel. Dans son roman De synthèse, Karoline Georges propose une réflexion complexe sur le réel et le virtuel, alors que ces deux instances s’imbriquent et se complètent, sans jamais proposer de frontières rigides ni d’opposition nette. L’œuvre de science-fiction prend place dans un Montréal futuriste où la technologie est omniprésente. La protagoniste – une jeune femme jamais nommée qui souffre de phobie sociale – ira jusqu’à vouloir traverser l’écran pour vivre une vie uniquement virtuelle, par l’intermédiaire de son avatar numérique. Mais qu’est-ce que la réalité quand le virtuel est ce qui la constitue?   Par cette communication, je souhaite explorer les rapports entre réel et virtuel dans De synthèse, avec l’objectif de réfléchir au virtuel comme espace de création de soi et de fictionnalisation. La question du corps sera d’abord discutée, alors que la protagoniste souhaite disparaître et vivre une vie exclusivement virtuelle. Le rapport à la communauté sera ensuite étudié, dans l’optique où celle-ci offre à la protagoniste un refuge confortable dans le virtuel, alors que sa phobie sociale l’isole complètement des autres dans la réalité. Finalement, j’interrogerai plus spécifiquement la porosité des frontières ainsi que les liens entre réalité/virtuel, vérité/fiction, vie/mort. La réalité virtuelle permettant d’exister au-delà de la vie et de la mort, elle incarne aussi l’incarnation à la fois de l’un et de l’autre.  

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